Passer au contenu

/ Faculté de musique

Je donne

Rechercher

Programme musical

Orchestre de l'Université de Montréal

Mathieu Lussier, direction

Cissy Zhou, piano (1er prix du Concours de concerto 2025)

 

Pour son premier concert de la saison, l’OUM vous propose de parcourir près d’un demi-siècle de musique française, depuis l’éblouissant Concerto en sol de Ravel – qui mettra en valeur tout le talent de Cissy Zhou, lauréate du 1er prix du Concours de concerto 2025 –, jusqu’à la puissante Symphonie de Franck, œuvre phare du répertoire. En ouverture, découvrez l’univers raffiné de Mel Bonis, une compositrice prolifique, élève de César Franck.

 

Programme musical

Mel Bonis

Le rêve de Cléopâtre

Maurice Ravel

Concerto en sol majeur, M. 83

I. Allegramente

II. Adagio assai

III. Presto

Soliste : Cissy Zhou, 1er prix du concours de concertos 2025

 

Entracte

 

César Franck

Symphonie en ré mineur, FWV 48

I. Lento – Allegro non troppo

II. Allegretto

III. Finale : Allegro non troppo



Note de programme

Le rêve de Cléopâtre (Mel Bonis) :

 

Un songe porté par les textures sonores

Née à Paris en 1858, Mel Bonis a grandi dans une famille très stricte de la petite bourgeoisie parisienne. D’abord pianiste autodidacte, elle sera présentée à César Franck, qui lui permettra d’entrer au Conservatoire de Paris. Elle excellera en piano, en harmonie et en composition, pour finalement être forcée de quitter le Conservatoire, puisque ses parents l’obligent à se séparer de son amoureux, Amédée Landely Hettich, qui y est aussi élève. Après un mariage forcé, elle est contrainte de se concentrer sur la vie familiale et d’arrêter la composition pendant près de dix ans. Elle recroisera son premier amour, et celui-ci l’encouragera à composer et lui permettra de publier ses œuvres, ayant lui-même un très bon réseau dans le monde musical parisien. Ayant choisi un pseudonyme (son vrai nom étant Mélanie Hélène Bonis), elle souhaitait pouvoir faire reconnaître sa musique dans ce milieu principalement masculin.

C’est dans ce contexte que nait la pièce Le rêve de Cléopâtre (1909). Elle peint un portrait à la fois calme, grandiose et passionnel de Cléopâtre. Cette œuvre s’ouvre avec une ambiance songeuse, notamment par les harmoniques des cordes et de la harpe, qui sera rapidement rompue par un solo de clarinette instaurant une atmosphère plutôt intrigante. Son œuvre est ponctuée par des sommets d’intensité qui montrent toute sa sensibilité. C’est à travers des thèmes parfois tendus, espiègles ou majestueux, mais aussi des textures sonores variées que la compositrice montre la complexité et la richesse de son orchestration. Le tout en restant dans l’univers du songe, sans entrer dans celui du cauchemar.

Concerto en Sol majeur (Maurice Ravel) :

Soliste : Cissy Zhou

 

L’art de peindre avec l’orchestre

 

Contemporain de Mel Bonis, Maurice Ravel est un compositeur français prolifique et de renommée au tournant du 20e siècle. Reconnu pour son orchestration novatrice et singulière, il peint des paysages sonores uniques et remplis d’émotions. Il étudie auprès de Gabriel Fauré, et s’inspire grandement des musiques noires américaines, telles que le blues et le jazz.

Le Concerto en sol majeur, composé pendant environ trois ans et créé en 1932, est un véritable succès. Son écriture dévoile un grand souci du détail. Que ce soit avec les percussions qui ponctuent le discours ou les bois qui soulignent les lignes mélodiques des cordes, Ravel maîtrise l’art de la subtilité.

Le premier mouvement Allegramente (gaiement) installe une ambiance festive, notamment par le joyeux solo de piccolo, soutenu par des arpèges rapides au piano et des pizzicati aux cordes. On alterne entre parties pleines d’énergies en tutti et d’autres plus intimes et lentes. Variant l’effectif instrumental et en renouvelant les timbres, Ravel garde l’attention de l’auditeur, notamment en écrivant des mouvements mélodiques qui traversent les instruments. Ce même esprit de célébration revient dans le troisième mouvement Presto (vite), démontrant les capacités techniques du soliste à travers un dynamisme palpable. Les glissandi, les variations rythmiques instantanées contribuent au caractère quasi clownesque et espiègle de ce mouvement.

Le second mouvement Adagio Assai (très lent) présente un immense contraste au niveau du tempo et de l’ambiance. Beaucoup plus intime et introspectif, il débute avec un long solo du piano. L’entrée de l’orchestre se fait tout en douceur, d’abord par un solo de flûte soutenu par les cordes. Cette atmosphère délicate et contemplative sera présente tout au long du mouvement, jusqu’à atteindre un court sommet d’intensité qui s’évaporera délicatement.

Symphonie en ré mineur FWV 48 (César Frank):

 

Tempête et lumière

 

La dernière œuvre du programme offre un portrait romantique de la musique française au XIXe siècle avec la Symphonie en ré mineur de César Frank. Organiste et pianiste, ce compositeur a beaucoup contribué au répertoire de musique de chambre et pour orgue. Son père, voulant faire de lui le prochain pianiste virtuose tel que Liszt, lui organisait des séries de concert. Frank finira par couper les ponts et devra subvenir à ses besoins en étant pianiste accompagnateur puis organiste. En 1872, il obtient le poste de professeur d’orgue au Conservatoire de Paris.

Sa symphonie en ré mineur (1888), en trois mouvements, est comme un voyage à travers des paysages sombres, douloureux, mouvementés puis des endroits lumineux et triomphants. Celle-ci est même « ébouriffante » selon Claude Debussy.

Le premier mouvement, Lento; Allegro ma non troppo (Lent; Vite, mais pas trop), offre une introduction très sombre et inquiétante, qui construit une tension, notamment par l’utilisation de chromatismes, jusqu’au Allegro dramatique et mouvementé, tout en laissant place à de courts passages plus calmes et lumineux. Le tout jusqu’au triomphe de la tonalité de Ré majeur, telle l’apparition d’un rayon de soleil au travers de sombres nuages pendant une tempête.

Le deuxième mouvement, Allegretto (modérément vite), donne une impression de marche funèbre. La harpe, soutenue par de lourds pizzicati, instaure un sentiment militaire en gardant le rythme stable. L’un des thèmes principaux est présenté par un solo de cor anglais, dont le timbre donne l’impression d’une plainte lointaine. La partie centrale donne un caractère de scherzo, blagueur et vif, qui amène une finale douce et légère.

Le dernier mouvement, Allegro non troppo, est un triomphe assumé de la tonalité de Ré majeur. Avec une mélodie syncopée et brillante, Franck installe une atmosphère ludique. Reprenant les thèmes des deux précédents mouvements, ce dernier conclut l’œuvre dans un esprit festif et lumineux.

 

Notes de programme par Philippe-Olivier Gagnon, étudiant à la maîtrise en musicologie, rédigées sous la supervision de Sylveline Bourion 

Les artistes

Mathieu Lussier

Directeur de l'OUM
Professeur agrégé à la Faculté de musique

Directeur artistique d’Arion Orchestre Baroque depuis juin 2019 et directeur artistique du Domaine Forget de Charlevoix depuis 2022, Mathieu Lussier s’applique depuis plus de vingt ans à faire découvrir avec dynamisme et passion le basson et le basson baroque comme instrument soliste et d’orchestre partout en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Europe. Il poursuit aussi une carrière de chambriste avec l’ensemble Pentaèdre et est professeur agrégé à la Faculté de musique de l’Université de Montréal.  

Comme Chef associé de l’orchestre de chambre Les Violons du Roy de 2012 à 2018, Mathieu Lussier a dirigé l’ensemble à l’occasion de plus de 100 concerts au Canada, au Mexique, au Brésil et aux États-Unis, collaborant entre autres avec des artistes comme Marc-André Hamelin, Alexandre Tharaud, Jeremy Denk, Jean-Guihen Queyras, Philippe Jarrousky, Julia Lezhneva, Anthony Marwood  et Karina Gauvin.  Directeur artistique du Festival international de musique baroque de Lamèque entre 2008 et 2014, Mathieu Lussier a également dirigé de nombreux autres ensembles canadiens comme les orchestres symphoniques de Montréal, Québec, Vancouver, Winnipeg, Trois-Rivières, Edmonton, Kitchener-Waterloo, Drummondville et Sherbrooke ainsi que Symphony Nova Scotia, I Musici de Montréal et le Manitoba Chamber Orchestra. 

Ses nombreux enregistrements en tant que soliste comprennent plus d’une douzaine de concertos pour basson (Mozart, Vivaldi, Fasch, Graupner, Telemann et Corrette), un disque de sonates pour basson de Boismortier, plusieurs disques de musique pour basson solo de François Devienne, Étienne Ozi et Eugène Jancourt et deux disques de musique pour vents de Gossec et Méhul. 

Également compositeur, son catalogue comprend plus de cinquante œuvres jouées régulièrement en concert en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et en Australie. En 2018, il a signé une partie de la musique du film « La chute de l’empire américain » du réalisateur oscarisé Denys Arcand et en 2023, la musique du film « Testament » du même réalisateur. En août 2009, sa pièce Bassango, dans sa version pour basson et orchestre à cordes, s’est vu décerner le 3e prix dans la catégorie Contemporary Classical Song aux Just Plain Folks Awards de Nashville, Tennessee. Il a reçu de nombreuses commandes d’artistes tels Nadina Mackie Jackson, Guy Few, Lise Beauchamp, George Zuckerman et de la part d’ensembles comme les American Wind Symphony Orchestra, Oshawa-Durham Symphony Orchestra, Tafelmusik Baroque Orchestra et Les Idées Heureuses. Ses oeuvres sont publiées par la maison d’édition Trevcomusic (Etats-Unis) Accolade (Allemagne), June Emerson (Royaume-Uni) et Gérard Billaudot (France).

 

 

 

La Faculté de musique remercie La Presse, partenaire média de la saison 2025-2026.


Pour ne rien manquer

Pour tout savoir et ne rien manquer des actualités et événements de la Faculté de musique, abonnez-vous à notre infolettre!