Capucine de Bellefroid
Étudiante en échange - interprétation (violon)
En 2025-2026, Capucine de Bellefroid, étudiante française au Conservatoire national supérieur de Paris, s’est inscrite à un échange universitaire Erasmus pour venir passer un an à la Faculté de musique de l’UdeM dans le cadre de sa première année de maîtrise en interprétation violon.
Pourquoi avoir choisi spécifiquement l’UdeM ?
D’abord pour étudier auprès de Guillaume Sutre, un très grand violoniste avec lequel j’ai eu la chance de travailler à plusieurs reprises lorsqu’il est venu donner des ateliers à Paris. Mais aussi pour le plaisir de la découverte !
À quoi vous attendiez-vous avant de venir à Montréal ?
Montréal ressemble assez à ce qu’on m’en avait dit : des rues larges, des immeubles pas trop hauts qui laissent voir le ciel, beaucoup de verdure… en particulier aux abords de la Faculté de musique elle-même : je savais qu’elle était sur le flanc du mont Royal, mais je ne l’imaginais pas à ce point entourée de nature ! Juste à côté, au CEPSUM, j’ai découvert une vie sportive universitaire hyper développée, avec absolument tous les sports possibles ! On sent que le sport est vraiment au cœur de la vie étudiante. Je n’avais rien connu de tel en France et ça m’a ravie.
Comment avez-vous été accueillie dans la communauté étudiante ?
Très naturellement… surtout qu’il y avait déjà plusieurs Français sur place ! J’ai d’ailleurs retrouvé quelques camarades que j’avais côtoyés dans différents stages, dont quelques Toulousains (je suis moi-même originaire de Toulouse). Ma coloc, qui étudiait comme moi en violon à la Faculté, m’a elle aussi aidée à m’adapter. Et comme j’étais la seule étudiante en cordes à venir en échange, j’ai pu bénéficier assez naturellement du soutien de mes camarades. Tout cela a grandement facilité mon intégration.
Dans le cadre de vos études, qu’est-ce qui vous a marquée ?
À la salle Claude-Champagne, un lieu magnifique et à l’acoustique remarquable, j’ai adoré les concerts de l’OUM. J’ai trouvé très enrichissant de côtoyer son directeur Mathieu Lussier dans la préparation d’un concert auquel j’ai pris part. C’est dans cette même salle que j’ai participé à un cours de maître avec le grand violoniste ukrainien Aleksey Semenenko.
Certaines approches pédagogiques étaient-elles nouvelles pour vous ?
Puisque j’avais déjà travaillé avec Guillaume Sutre, je dirais qu’à cet égard j’étais plutôt dans la continuité. Mais le suivi régulier avec lui m’a permis d’approfondir plusieurs aspects de mon jeu. Je me suis vraiment senti évoluer, même mentalement. J’ai aussi beaucoup aimé participer à son séminaire sur les quatuors de Beethoven.
Hors du cadre universitaire, qu’avez-vous surtout retiré de votre séjour ?
Sûrement la proximité avec la nature. Cet immense parc du mont Royal en plein cœur de la ville, voilà une chose pas du tout parisienne ! J’aime beaucoup Paris, mais c’est une bulle urbaine parfois étouffante… Montréal allie le dynamisme d’une grande ville (dont je ne pourrais me passer très longtemps!) et la proximité avec la nature. On peut y retrouver un certain équilibre quand le rythme trépidant des études et de la vie citadine nous submerge. Il y a toujours un espace vert pas loin pour aller souffler un peu en regardant courir les écureuils…
À l’UdeM, j’ai eu la chance d’échanger avec beaucoup de Montréalais. Ce qui m’a frappée, c’est ce contraste entre, d’une part, la proximité entre nos cultures, nos valeurs, portées par une langue commune et, d’autre part, des distinctions assez nettes par le fait qu’un océan nous sépare et qu’à plusieurs égards la mentalité montréalaise est forcément plus « américaine » (au sens positif du terme!) que chez nous.
J’ai aussi été frappée par la facilité avec laquelle les Québécois adoptent des rapports de proximité, de bienveillance. Par ailleurs, certaines conversations m’ont initiée à l’histoire du Québec, et donc à certains aspects de l’histoire française… que méconnaissent beaucoup de Français!
Je pense revenir un peu changée, que cette immersion me fera voir les choses d’un nouvel œil en France et je garderai de ce séjour une plus grande ouverture d’esprit. À Montréal, on sent une vraie ouverture, une vraie liberté d’être soi-même.
Qu’avez-vous apprécié de vos rencontres avec les autres musicien(ne)s (professeur(e)s ou étudiant(e)s) ?
À la Faculté j’ai retrouvé plusieurs jeunes musicien(ne)s avec lesquels j’avais déjà joué, c’était très chouette. J’ai eu la chance aussi de prendre quelques cours avec Jean-Sébastien Roy, qui est aussi violoniste à l’OSM et que je ne connaissais pas encore.
J’ai adoré travailler avec lui. Notamment parce qu’il a remarqué dans mon jeu des choses dont je n’avais encore jamais pris conscience. Il a été formé au Québec et sa vision de l’instrument, du son, du contact avec l’archet, etc., est vraiment nord-américaine, donc très différente de ce que j’avais eu l’occasion d’apprendre jusque-là. Ça m’a permis de découvrir de nouvelles sensations et de nouvelles sonorités que je n’avais encore jamais expérimentées.
Des projets ?
Au terme de mon séjour à Montréal, je vais rentrer en France terminer mon cursus au Conservatoire de Paris. Pour la suite, je demeure toujours ouverte aux propositions impromptues. C’est certain que j’aimerais beaucoup revenir à Montréal si une occasion se présente. Je songe aussi au Banff Center for the Arts, où les stages de musique de chambre ont excellente réputation.
Des conseils pour vos compatriotes qui envisageraient des études à la Faculté ?
Le premier conseil qui me vient en tête, c’est de fixer le but de leur voyage - de ne pas juste « partir pour partir ». Quand on décide d’aller étudier ailleurs dans le monde, il faut choisir sa destination pour une raison claire : étudier avec un professeur en particulier, découvrir une culture, une langue, une ville qui nous attire.
Je recommanderais Montréal pour répondre à ce besoin de se déconnecter en partant loin, tout en restant en lien avec leur culture d’origine. Cet aspect francophone, quand on est loin de chez soi et que « la maison » nous manque un peu, a quelque chose de réconfortant.
Et je conseillerais plus spécifiquement l’UdeM pour la liberté d’esprit, l’apaisement et le rythme de vie plus calme, qui permet plus de concentration et d’introspection que le quotidien un peu infernal de Paris. Personnellement, j’ai l’impression que ça m’a permis d’en apprendre beaucoup sur moi-même.
Printemps 2026