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Mickaël Lipari

Étudiant au doctorat en interprétation piano

À la fin du printemps 2025, le pianiste d’origine française Mickael Lipari a reçu une bourse du Fonds Denise-Angers, d’un montant de 12 000 $. Cette bourse lui a permis de revenir à la Faculté de musique de l’UdeM, où il avait complété entre 2010 et 2015 son baccalauréat et sa maîtrise en interprétation classique (piano).

Cette fois, il s’engage dans un programme de doctorat, sous la direction de deux professeurs : Jimmy Brière et Jean Saulnier. Nous avons demandé à Mickaël de nous raconter son parcours.

En 2010, qu’est-ce qui vous avait fait choisir la Faculté de musique de l’UdeM en particulier ?

C’est une longue histoire ! Je suis venu au Canada une première fois à l’âge de 15 ans pour passer l’été chez mon grand-père, qui était venu s’installer ici à l’occasion d’un virage dans sa vie personnelle. Je lui avais demandé à l’époque s’il pouvait m’aider à trouver un professeur de piano sur place.

Des amis de mon grand-père lui ont conseillé de contacter Dang Thai Son — dont le nom était à l’époque déjà assez connu en France, où il avait remporté le concours Chopin en 1980. C’est ainsi que j’ai commencé à travailler le piano avec lui. À la fin de l’été, il m’a suggéré de m’inscrire à l’Université de Montréal pour que nous puissions donner suite à ce travail commun. C’est ce qui m’a ramené à Montréal — et à l’UdeM — en 2010.

Après quoi vous êtes retourné en France ?

Pas tout de suite ! Après avoir terminé ma maîtrise (2015), je suis parti étudier quatre ans à l’International Center for Music de Kansas City (É.-U.) où j’ai obtenu l’Artist Diploma.

Ce n’est qu’ensuite (2019) que je suis rentré en France, où j’ai travaillé en tant que musicien : concerts, accompagnement de solistes dans les conservatoires de Paris et de sa proche banlieue, etc. J’y ai aussi complété une maîtrise en pédagogie de la musique au Conservatoire national supérieur de Paris (CNSP) pour perfectionner ma compétence en enseignement tout en y travaillant comme professeur, répétiteur et accompagnateur.

L’année dernière, après avoir beaucoup travaillé comme pianiste accompagnateur, je ressentais le besoin de me recentrer sur mes propres activités musicales et de recherche, de prendre le temps de faire le point sur mes objectifs de carrière… J’ai pris cette décision de revenir à Montréal pour y faire mon doctorat. J’ai donc quitté mes emplois au Conservatoire pour reprendre mes études.

Quel effet la bourse du Fonds Denise-Angers a-t-elle eu sur votre parcours ?

Elle m’a permis de défrayer ma première année de scolarité, mes premiers loyers et mes frais d’assurance par exemple. Bref, de m’installer avec tranquillité quand je suis arrivé, le temps de trouver du travail pour assurer la suite des choses.

Si vous ne l’aviez pas obtenue, qu’est-ce qui aurait été le plus difficile ?

Eh bien… je ne crois pas que j’aurais été en mesure de venir étudier ici, tout simplement ! J’avais beau travailler à temps plein en France, il aurait été très compliqué de trouver les ressources nécessaires pour venir m’installer à Montréal, avec tous les frais que cela représente. J’ai apporté toutes mes affaires ici, y compris mon piano. Ce transport coûte très cher. En fait, l’obtention de la bourse était une condition sine qua non pour réaliser ce projet. Ce doctorat s’inscrit pour moi dans un important changement de vie que je n’aurais jamais pu concrétiser sans cette bourse. J’en suis extrêmement reconnaissant. Un immense merci à Denise Angers !

Outre la somme d’argent, l’obtention de cette bourse vous a-t-elle ouvert des portes : contacts, invitations… ?

Déjà, on m’a invité à participer au « Concert des donateurs » — l’occasion pour les boursiers de rencontrer les personnes à l’origine de ce financement. Le concert a lieu dans de superbes conditions, à la Salle Claude-Champagne. J’avais également eu la chance d’y participer il y a 10 ans, puisque j’ai aussi reçu une bourse lors de mon premier passage à la Faculté.

Vous voici donc au doctorat. Quels projets y sont associés ?

Ma recherche porte sur le répertoire de la compositrice Ana Sokolović, également professeure à la Faculté. Pendant ma maîtrise, j’avais suivi un cours de Jonathan Goldman portant sur les processus de création de certains compositeurs. On nous donnait l’occasion d’entrer dans leurs ateliers pour observer le travail de chacun.

Cette expérience, que j’ai adorée, m’a donné envie de poursuivre cette recherche de manière plus conséquente. Comme le répertoire pour piano d’Ana Sokolović n’avait pas encore été spécifiquement étudié, je me suis dit qu’il y avait là une belle occasion de m’y intéresser, de plonger dans son univers. Concrètement, j’ai déjà commencé ma recherche autour de son œuvre pianistique. Et j’ai bien entendu l’intention de programmer des pièces de ce répertoire dans mes récitals de doctorat. J’ai quatre récitals à donner en tout.

Le répertoire contemporain est-il votre spécialité en tant qu’interprète ?

Non, pas spécialement ! J’ai toutefois un penchant personnel pour la musique du début du 20e siècle, l’époque des premières incursions dans l’atonalité (notamment dans la musique d’Alban Berg). La modernité en musique est donc un sujet qui m’interpelle, oui, mais je ne me prétends pas spécialiste du répertoire contemporain pour autant.

Des conseils pour les étudiants qui seraient tentés de venir étudier à la Faculté ?

Lorsque les questions financières sont un frein à vos études, il y a des options pour vous permettre d’aller de l’avant. Ce soutien existe, il est accessible (mon cas en est la preuve !) et il faut en profiter. N’hésitez pas à poser des questions au personnel de la Faculté, à entrer en contact avec les professeur(e)s pour que l’on vous explique bien le fonctionnement des processus de sélection, des auditions d’entrée, et recevoir leurs conseils pour optimiser votre préparation et vos chances d’obtenir une bourse.

 

Printemps 2026