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Gabriel Trottier

Étudiant au doctorat en interprétation

Rencontre avec Gabriel Trottier, étudiant au doctorat en interprétation (cor) à la Faculté de musique de l’Université de Montréal.

  • En quelques mots, comment vous décririez-vous?

Je suis un corniste qui aime partager les traditions de l'instrument tout en repoussant ses limites pour alimenter les esthétiques d'avant-garde. Après un baccalauréat et un DESS en interprétation à la Faculté de musique de l'Université de Montréal, je me suis expatrié en Europe pendant quatre ans.

D'abord, j'ai étudié à la Norwegian Academy of Music à Oslo avec Julius Pranevicus et Frøydis Ree Wekre. Ensuite, j'ai occupé pendant un peu moins d'un an le poste de corniste à temps plein du quintette à vent français Le Concert impromptu. Enfin, j'ai été boursier du programme de spécialisation en musique contemporaine de l'Internationale Ensemble Modern Akademie à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne, où j'ai été supervisé pendant une année par Saar Berger et les membres de l'Ensemble Modern. De retour au Canada depuis 2018, je terminerai mon doctorat en interprétation sous peu.

  • Pourquoi avoir choisi de poursuivre vos études doctorales à la Faculté de musique?  

En 2017, on m’a invité à donner un récital au Kunsten Museum of Modern Art Aalborg au Danemark. Le programme devait être constitué uniquement d’œuvres contemporaines pour cor seul et contenir au moins deux créations. Je me suis dit que cette opportunité professionnelle pourrait devenir le point de départ de réflexions académiques. Dans le cadre de mon doctorat, j’explore en profondeur la musique pour cor des 20e et 21siècles. 

Pour m'accompagner dans ce processus, j'ai choisi deux professeurs de la Faculté de musique : le corniste Louis-Philippe Marsolais pour sa polyvalence et le musicologue Jonathan Goldman pour ses compétences analytiques et théoriques.

  • Dans votre parcours à la Faculté de musique, vous avez surement croisé des personnes qui ont un impact sur votre développement. Pouvez-vous nous parler de l’une d’entre elles?

Je crois que mon intérêt pour la musique de création est grandement lié aux expériences positives et artistiquement enrichissantes que j'ai vécues avec la cheffe Lorraine Vaillancourt, rencontrée au début de mon baccalauréat. Il s'en est suivi de nombreuses collaborations avec l'Atelier de musique contemporaine (aujourd’hui l’Ensemble de musique contemporaine) et le Nouvel Ensemble Moderne.

  • Quand vous repensez à votre parcours à la Faculté de musique, y a-t-il un souvenir que vous souhaiteriez partager avec nous?

En remportant le troisième prix du Concours de concerto de l’Orchestre de l’Université de Montréal, j’ai eu la chance de participer en tant que soliste au concert Étoiles montantes en novembre 2019. J’y ai interprété une œuvre rarement jouée, le Concerto pour cor et orchestre « Winterreise » de Krzysztof Penderecki. Ce concert est définitivement un moment marquant de mon parcours académique à la Faculté.

  • Quels conseils donneriez-vous à une étudiante ou un étudiant de première année?

Essayer le plus de projets différents possible avant de se concentrer sur une ligne artistique plus définie. C'est le meilleur moyen, selon moi, de bâtir son ouverture d'esprit et sa personnalité musicale, puis de trouver éventuellement une direction artistique qu'on ait vraiment envie de servir.

  • Quelles sont les 3 qualités les plus importantes pour un corniste ? 
  1. De l'imagination : pour avoir une vision précise de ce qu'on veut jouer avant de le jouer
  2. De la persévérance : pour que les échecs deviennent une source d'apprentissage
  3. Du courage : parce que c'est seulement en risquant qu'on peut réussir
  • Décrivez un projet ambitieux (ou complètement fou!) sur lequel vous avez travaillé.

Au niveau de la technique instrumentale, il y en a deux qui me viennent en tête. Le premier, c’est l'interprétation en concert de l'œuvre Messages for the Late Miss R. V. Troussova du compositeur hongrois György Kurtág au palais de la culture de Lucerne sous la direction de Heinz Holliger.  Le second, c’est lorsque j’ai interprété dans un seul et même programme à la Philharmonie de Cologne le Trio pour violon, cor et piano de György Ligeti, Flurries de Brian Ferneyhough et Contour de Vito  Žuraj.

Et le plus fou artistiquement, c’est sans contredit le projet interdisciplinaire de théâtre musical Land (Stadt Fluss) du cinéaste Daniel Kötter et du compositeur Hannes Seidl. Nous avons dormi trois jours sur une ferme pour filmer un plan unique de cinq heures consécutives pris sans interruption avec des interventions musicales. Lors des représentations, le film était diffusé accompagné d'interventions multisensorielles et d'un livre que le public pouvait consulter à tout moment. Vous pouvez d’ailleurs visionnez une performance ici.

  • Quels sont vos projets pour l’avenir?

Je souhaite aider les compositeurs et compositrices à développer leurs idéaux en créant et en interprétant des œuvres marginales. En parallèle, je vais continuer à préparer des auditions d'orchestre pour raffiner mon jeu et améliorer ma connaissance du répertoire plus traditionnel. Mais avant tout, il y a d'abord la préparation de mon récital de fin doctorat, qui comprendra des œuvres de musique mixte pour cor et traitement en temps réel. Je veux également continuer de m'impliquer en enseignant le cor et en participant comme interprète au développement d'un paysage culturel varié et coloré.

Mars 2021